Animation pour enfants

Grâce au conte, l'enseignant va pouvoir retrouver son âme et son langage d'enfant.

À chacun de créer sa version personnelle d'un conte, de se l'approprier et le faire vivre. En contant avec ses propres mots, on ne détourne pas le texte puisque, à l'origine, les contes étaient oraux.

Installer la magie du conte

Il est important de créer un lieu de conte pour garder la magie et donner le plaisir de conter. En particulier, aménager un lieu, toujours le même, avec un décor approprié, par exemple un tapis. Ce lieu peut-être aménagé dans la bibliothèque, une salle de psychomotricité, un coin de la classe...

Le conteur s'assoit le dos au mur (éviter surtout de se placer devant une fenêtre), sur une chaise basse. Les enfants s'assoient par terre, en tailleur, les plus grands derrière.

Disposer les enfants dans un angle de 120° maximum pour qu'ils puissent capter les regards, les gestes, les mimiques du conteur. Éviter d'avoir une porte dans le dos ou sur le côté .

L'horaire

En petite et moyenne section de maternelle, le matin (9h00-9h30) est la période idéale. Éviter le retour de sieste de l'après-midi. Il est parfois difficile d'obtenir une écoute silencieuse des 2-3 ans.

Pour les plus grands, le matin ou le début d'après-midi peuvent convenir. Le conte avant la sortie de la classe est plus difficile à mettre en place, et pour le conteur (fatigue) et pour les enfants inattentifs (déjà dans la pensée de la sortie). Éviter de laisser un conte en suspens (excepté pour une lecture suivie).

La durée

Un conte de dix à quinze minutes par séance est parfait s'il y a une périodicité. Sinon, prévoir au maximum :
- 15 à 20 minutes en Petite Section
- 20 à 30 minutes en Moyenne Section
- 30 à 40 minutes en Grande Section
- 50 minutes en Cours Préparatoire
- 1 heure et plus en Cours Élémentaire et Cours Moyen

Un travail sur l'écoute

Pour les petits, une chanson ou une comptine chantonnée, répétée, avec des gestes, permet de capter et de recentrer l'attention ; une musique peut aussi convenir (percussion, flûte...). Le conteur peut utiliser des ustensiles (marottes, objets...) et les faire jouer.

Demander aux enfants de raconter à la maison les contes entendus et analyser le lendemain les réactions. Les histoires sont faites pour voyager, il faut les raconter aux personnes que l'on aime...

Afin de créer un climat de magie, utiliser des formules d'ouverture et de fermeture qui soient des rituels pour chaque séance (par exemple cric-crac-oreilles-sac à histoires ; il est possible d'utiliser un vrai sac contenant des objets en rapport avec le conte). Les formules d'ouverture vont marquer l'entrée dans l'imaginaire, celles de fermeture vont permettre au conte de poursuivre son voyage.

Exiger le silence ou le calme pour commencer : la douceur ou la musicalité de la voix peuvent amener ce climat. Quitter 'sa peau d'enseignant' et prendre celle de voyageur de rêves...

Le conteur va faire comprendre la présence de différents personnages simplement en changeant de voix (cela permet d'éliminer les phrases intermédiaires du texte qui sont des ruptures à l'histoire).

Il est possible d'amener un enfant à raconter un conte déjà entendu en classe : il prend la chaise du conteur et utilise les formules d'ouverture.

Les conseils :
- se poser, parler tranquillement
- se faire confiance : on sait parler, et si on prend le temps, l'imaginaire prend le dessus, et les mots viennent sans difficulté
- quand on raconte, laisser la porte ouverte aux mots et aux images qui surgissent
- les gestes esquissés suffisent, ne pas trop théâtraliser.

La mémorisation d'une histoire

Présenter la trame de l'histoire qui comporte les éléments énoncés chronologiquement : les personnages, les lieux, les 'objets', les actions. Cette trame est une aide à la mémorisation ; elle permet de s'approprier l'histoire et de la restituer chacun à sa façon, en ne conservant en mémoire que les mots-clés.